Muséomix : Retour d’expérience

Muséomix a été l’évènement fondateur de l’association, nous l’avions décidé nous l’avons fait.

Nous avons appris énormément avant, pendant et après cet évènement.

Nous allons ici détailler ce que nous avons fait et les leçons que nous en avons tirées.

Présentation de l’évènement

Muséomix est une association internationale qui a pour objectif de renouveler les modes de transmission des œuvres artistiques.

Dans le cas de Muséomix à Saint-Brieuc, l’idée était d’investir une ancienne villa d’armateur en haut de la vallée de Saint-Brieuc surplombant d’un côté le port du Légué, de l’autre la vallée. Pendant un weekend une 50aine de personnes ont travaillé à s’approprier les œuvres du musée de Saint Brieuc, et à les présenter de manière originale, au moyen de vidéo, photo, parcours etc.

Photo en contre plongée d’une grande maison. Avec au fond le ciel bleu, et quelques branches
La villa Rohannec’h

Il fallait donc un débit suffisant, à répartir sur une 100aine de connexions.

Avant

Nous avons eu un certain temps pour préparer cet évènement, durant cette phase de préparation nous avions une petite liste de course à remplir.

  • Comment on fait ?
  • Avec qui ? Quels vont être nos interlocuteurs ?
  • Quel matériel ?
  • Quel argent ?

Comment on fait ?

Muséomix avait lieu dans une ancienne maison d’armateur en haut de la vallée de Saint-Brieuc. Ce lieu bénéficiait d’une connexion ADSL peu efficace.

Rapidement, l’un de nous qui travaillait dans un lycée proposa de faire un pont wifi entre le lycée situé d’un côté de la vallée vers la villa Rohannec’h, de l’autre côté. Nous avons calculé une distance de 700m entre les deux.

Nous avions aussi à cœur de fournir un Internet neutre et non filtrée, nous partons donc sur l’idée de récupérer la connexion wifi du côté de la villa puis de chiffre le trafic au moyen d’un VPN (une sorte de tunnel par lequel le lycée ne peut pas regarder).

Photo d’une antenne sur un mat.
Antenne regardant la villa Rohannec’h

Avec qui ?

Nous avions des contacts avec un certain nombre d’autre Fournisseurs d’Accès Internet, via la fédération des fournisseurs d’accès internet associatif. Nous avions besoins d’eux pour nous aider techniquement. Nous n’avions aucune expérience de ce type de montage, et ils ont été d’une grande aide et d’une grande réactivité (nous y reviendrons).

Pour le vpn, nous nous sommes appuyé·e·s sur Aquilenet (FAI associatif à Bordeaux), ielles ont été les premièr·e·s à répondre. Résumé de la discussion : « Coucou, on aimerait créer un FAI à Saint-Brieuc, on a un évènement en
novembre on souhaiterait s’en servir comme évènement fondateur.
— Ok, vous avez besoin de quoi ?
— On pense à un pont wifi entre un bâtiment A et un bâtiment B, on aimerait faire un tunnel VPN pour fournir quelque chose de propre. Vous pourriez nous mettre à dispo un VPN ?
— Oui, pas de problème bisou. »
Pour résumer, c’était assez simple.

En parallèle, des courriers ont été envoyés au directeur du Lycée et au président du conseil départemental, pour leur expliquer le projet et avoir l’autorisation de faire ce lien wifi.

Le matériel

Nous avions en tête qu’il nous fallait une antenne sur chacun des deux bâtiments.

Pour le choix des antennes nous avons suivi les conseils des autres FAI associatifs qui ont l’habitude de faire du réseau wifi.
Nous avons donc acheté une paire d’antennes Ubiquity Nano M5, malheureusement elles ne nous sont jamais parvenu, une première fois ils n’avaient plusd’antennes en stock et la seconde fois elles ont été perdues… ça n’a pas l’air si simple à acheter.

Nous nous sommes alors souvenu de la présence du FAI associatif « Arcane » qui était pas très loin de chez nous. Nous les avons alors contacté, elles avaient effectivement du matériel en stock, une paire d’antennes, du câble ethernet et un switch (une sorte de multiprise réseau), qu’elles nous ont gracieusement prêtés.

Nous avions aussi besoin d’un ordinateur qui ferait passer l’ensemble du réseau par le tunnel VPN.

Et également des points d’accès wifi pour diffuser le réseau dans les pièces de la villa.

Quel argent ?

N’ayant pas encore créé l’association, nous n’avions donc pas d’argent pour investir dans du matériel. Quelques personnes ont mis la main au portefeuille en avançant de l’argent jusqu’à ce que l’association puisse les rembourser, mais objectivement on aurait pu presque faire sans.

Les achats qu’on a fait était : un routeur (19€) et du cable et prise RJ45 (~100aines d’euro).

On a récupéré des TP link MR3020 issue de la mode « pirate box », pour faire des points d’accès wifi, et on a récupéré une tour d’ordinateur qui trainait pour faire le routage vers le vpn.

Installation

Nous avons branché l’antenne du lycée sur le réseau du lycée, puis de l’autre côté branché l’antenne à la villa. Contrairement à ce qu’on pensait la liaison entre les deux antennes à été particulièrement simple.

Photo de deux personnes dans la pénombre d’un grenier, l’un devant un écran l’autre avec une lampe frontale

Notre « QG » était dans le grenier de la villa Rohannec’h sous le toit. Nous avions une autre contrainte auquel nous n’avions pas pensé, notre installation devant être temporaire : pas de trou pour faire passer les câbles ! Heureusement, c’est une ancienne maison d’armateur avec ses courants d’air et son absence d’isolation, ainsi nous n’avions pas eu de trou à faire, nous avons juste tiré plus de cable qu’il en aurait fallu s’il nous avions été en ligne droite.

Une autre difficulté est que, dans les phases de préparation, nous ne pouvions pas rester toute la nuit dans la villa, mais également le courant était coupé pour éviter les incendies.

Ces petites contrariétés nous empêchait de tester à distance le bon fonctionnement des outils et nous contraignait à travailler pendant les horaires d’ouverture.

Nous apprenions également, juste avant le démarrage de l’évènement qu’il aurait été bien d’avoir une connexion wifi dans la tonnelle installée à l’extérieur. En fait simplement, nous avons posé un point d’accès sur la fenêtre du grenier que nous pouvions récupérer dehors.

Pendant

Nous avons réussi à faire fonctionner tout l’ensemble environ 30min après le début de événement, et ce grâce à la réactivité des bénévoles des autres FAI associatif, qui nous ont rapidement indiqué où est-ce que ça pouvait clocher et les moyens d’y remédier.

Globalement tout fonctionnait alors comme on l’avait prévu, nous n’avons pas eu énormément d’action de maintenance pendant l’évènement.

Nous avons pris, en revanche, conscience de l’enjeu de fournir de l’Internet. Pour les participant·e·s, lorsque tout fonctionne c’est simple, en revanche quand ça ne fonctionne pas, le mécontentement monte rapidement (même si les participant·e·s à l’évènement ont été vraiment cool).

Nous nous sommes rendus compte de notre responsabilité, parce que si Internet ne fonctionne pas, rien ne peut se faire. En résumé avoir un Internet qui fonctionne c’est normal.

D’autre part, étant les « geeks » de service, dès qu’un ordinateur ne fonctionne pas ou bien qu’on arrive pas à imprimer des documents, une erreur sur un code, c’est pour nous.

En parallèle de tout cela, nous avions décidé de faire notre assemblée générale constitutive, il nous fallait aussi reprendre les statuts de la future association. Nous nous sommes alors retrouvé·e·s à relire et modifier les statuts dans le grenier de la villa Rohannec’h.

Après

L’association étant constituée, les étapes suivantes étaient dans l’ordre :

  1. Dépôt de l’association en préfecture
  2. Demande d’inscription INSEE pour avoir un SIRET
  3. Déclaration de l’asso au près de l’ARCEP (l’Autorité de Régulation des Communications Électroniques et des Postes)
  4. Ouverture d’un compte en banque
  5. Demande d’adhésion à la Fédération des fournisseurs d’accès internet
    associatif
  6. Demande d’ouverture de ligne en marque blanche au près de French Data
    Network
  7. Adhésion à Gitoyen pour obtenir des ip’s
  8. Obtenir une machine pour mettre en place nos premiers services.

En parallèle de tout ça, il nous faudra aussi augmenter notre cœur de bénévoles de manière à pouvoir transmettre nos expériences mais aussi éviter les nœuds de pouvoirs.
Nous savons aussi que pour fournir de l’Internet neutre à celles et ceux qui en ont besoin, et pouvoir assurer une certaine disponibilité de service il va nous falloir du monde, déjà compétent ou non et donc pour les non encore compétent·e pouvoir les outiller.

Nous avons aussi pour ambition de ne pas être qu’une bande de geeks mais faire partie de la société civile et savoir accueillir des personnes que l’informatique n’intéresse pas ou peu, mais qui par leurs compétences et envies trouveraient une place dans notre association. Nous pensons aux photographes, communicant·e·s, littéraires, chercheur·e·s, philosophes, militant·e·s, etc.